"ne pas confondre la fin d'un moi imaginaire avec la mort"
tout est là...
c'est Lacan qui a mis le doigt sur cette dimension imaginaire du Moi...
Moi imaginaire qui commence dès le stade du miroir...
ça fait longtemps personnellement que je sais que l'image que me renvoie le miroir n'est pas moi...parce que précisément il n'y a pas de moi !!!
de quoi devenir fou... ou mourir...
dans les moments de panique face au miroir, j'appelais maman...
qui suis-je? cette question est essentielle...
c'est à partir de cette question que peut commencer l'Initiation...
bravo Christian pour ton initiative ! Hegel avait raison de parler du travail du négatif...
ne me remercie pas ! :-) je sais que je suis devenu de plus en plus haïssable sur ce forum, même toi tu es tombé dans ce "piège"... et c'est bien normal quand on catalyse seul l'ombre collective...
j'assume, c'est pour la bonne cause...
amicalement, Soufiane.
Commentaire de Soufiane : ps (posté le 3/11/2004 à 06h23).n'oublie pas Christian que Salomé n'est pas Jung...
pour moi, c'est quelqu'un qui a trouvé un filon vendeur...
si l'individuation doit passer par le tu qui tue, afin de prendre conscience des projections, comme tu l'expliques très bien dans ton billet, vouloir éviter à tous prix ce tu qui tue peut relever de la méthode Coué !
or, il ne suffit pas de nier subjectivement l'ombre en soi... le retrait des projections ne peut se faire qu'à partir d'une conscientisation de l'ombre(généralement douloureuse, de l'ordre du deuil pénible, du morcellement dont parle Humbert).
la colère du tu qui tue est donc un tremplin idéal pour l'intégration de l'ombre, aussi scandaleux que cela puisse paraître !!
oui, l'individuation a quelque chose de politiquement incorrect...
c'est sans doute pour cette raison que nombre de prophètes l'ont payé de leur vie, ou en tout cas, ont risqué leur vie, souffert de l'incompréhension, pour aller au bout de leur individuation...
je préfère Jean le Baptiste à Salomé...
amicalement, Soufiane.
Commentaire de Dominique : affirmation (posté le 3/11/2004 à 11h48).La phrase du billet qui m'interpelle le plus est celle çi:
"des autoreprésentations du moi, des belles images que le moi se fait de lui-même pour s'affirmer en se différenciant de son ombre"
Je pense que les autoreprésentations et belles images du Moi que l'on se croit obligé de défendre correspondent à une façon fausse de répondre à un besoin qui lui est légitime et qui est le besoin d'affirmation justement.
Et derrière l'ego que souvent l'on cherche à balayer, le considérant comme étant la source de nos vanités et faisant obstacle à la connaissance de Soi, je crois qu'il se cache aussi des besoins légitimes sur lesquels il est bon de s'interroger.....
Dominique
Commentaire de Soufiane : questions (posté le 3/11/2004 à 12h38).
quels sont les besoins de l'ego Dominique?
si je te comprends bien, son besoin principal est celui de s'affirmer.
alors je veux te poser une autre question qui découle de cette réponse: pourquoi l'ego a-t-il tant besoin de s'affirmer?
pour être reconnu? sûrement... donc, pour être aimé...
mais alors me vient une autre question: si l'ego cherche tant à être aimé, aime-t-il lui-même les autres? ou bien les autres ne sont-ils que des moyens utiles à son narcissisme?
l'ego semble dire aux autres: "aimez-moi! aimez-moi !" mais ne semble pas du tout dire: "je vous aime! je vous aime!"; ou alors dans le cadre d'un vulgaire "contrat" tacite: "je vous aime si vous m'aimez...", "contrat" qui est à l'origine de bien des malentendus et catastrophes ( "les amis de mes amis...", "qui se ressemble s'assemble", "principes" dont parlait récemment René-Janus, nationalisme, racisme, ...)
et c'est bien là le problème de l'ego...
mais alors comment faire pour que l'ego soit réellement aimant ?
une réponse possible: en n'étant justement plus un ego !! :-)
oui mais alors qui aime si ce n'est plus l'ego qui aime?! :-)
je te laisse méditer cette dernière question ! :-)
très amicalement, Soufiane.
Commentaire de Dominique : ego et ombre (posté le 3/11/2004 à 16h00).Je trouve que tu fais une bonne descrption de l'ego, vouloir être aimé sans aimer soi-même et même si c'est possible prendre l'amour des autres par la force...... par le pouvoir..... ce qui est bien sûr une illusion.
J'ai beaucoup de mal personnellement à situer l'ego par rapport aux autres instances de notre psyché, l'ombre, le moi, l'inconscient. Je pense que l'ego est quelque chose de trés spontané en nous, et il a par conséquent certainement des racines inconscientes. Je lisais hier chez Anna Freud dans "Les mécanismes de défense du Moi" que même ces mécanismes de défense sont souvent inconscients. Donc l'inconscient en fait est partout même dans le Moi ou le Surmoi, il n'est pas que le ça pour reprendre un concept freudien. Et je me demande quelle est la partie inconsciente de l'ego ? Est ce que ce ne serait pas l'ombre par hasard ? L'ego serait la partie de l'Ombre qui s'exprime à notre insu en somme......
Mais alors vouloir supprimer l'ego, n'est ce pas retourner dans cette même problématique qui consiste à vouloir être quelqu'un de parfait, et sans ombre ?
Est ce que le pélerin de l'âme ce n'est pas quelqu'un qui cherche à refouler encore plus l'ombre qu'elle n'est déjà refoulée ?
Amicalement
Dominique
Commentaire de Soufiane : récupérer l'énergie psychique "capturée" par l'inconscient... (posté le 3/11/2004 à 17h01).c'est ce que signifie pour moi l'individuation !
et si l'on en croit Jung lui-même, l'anima/animus aussi "capture" de l'énergie psychique !!
donc l'individuation est véritablement une libération !! du Soi...
j'aime bien le lien que tu établis entre l'ego et l'ombre...
il ne s'agit pas d'être "pur", mais plutôt d'être "entier", "uni"...
mais gageons que cette unité psychique "débouche" sur quelque chose de merveilleux...
amicalement, Soufiane.
Commentaire de b marc : attention au solipsisme (posté le 7/11/2004 à 23h02).Bonjour à tous,
cela fait plusieurs années que je n'ai pas participé à ce forum (même si je le suis de temps en temps) et là, je reviens par hasard, et je tombe sur ce billet d'humeur qui me parle énormément, je crois qu'il renvoie à une très grosse problèmatique.
Je vais peut-être paraître prétentieux du haut de mon absence d'autorité en matière psychologique, mais je suis en très profond désaccord avec le billet d'humeur et avec tout ce qui est dit à sa suite, à part la phrase de Soufiane sur le politiquement incorrect.
Le problème que posent toutes les interventions, c'est que l'on va finir par croire que tout est en nous, et par conséquent que l'on est responsable de tout ce qui nous arrive. Les conséquences finales (et fatales), c'est que l'on se sent coupable d'être impuissant à résoudre nos problèmes, que si quelque chose nous fait mal, c'est par notre faute (à cause de notre ombre!), or pour se faire mal, il faut... une présence extérieure. Et j'en viens à la conséquence catastrophique qu'entraîne ce raisonnement (à mon avis), c'est que l'on finit par se croire seul au monde (solipsisme), incompris, en prise avec nos démons intérieurs, alors que le monde alentour semble continuer à vivre sans nous.
Je crois profondément que se sentir responsable de tout ce que l'on pense, c'est se donner un trop grand pouvoir (inflation psychique), et que l'on finit par être seul ou par devenir fou. Et je parle par expérience : je ne suis pas devenu fou, mais je suis passé par une période de profonde solitude (même si je continuais à être entouré de personnes) en ayant cette attitude. Non, on n'est pas seul, on a besoin des autres, on a besoin de se chamailler avec eux, et c'est par ce chemin que l'on évolue, pas besoin de renoncer à son ressenti. Tout n'est pas qu'illusion, notre ressenti est bien réel et les autres nous permettent de lui donner vie lorsqu'ils acceptent de se confronter à notre point de vue. Je crois que c'est une profonde erreur de vouloir retirer ses projections des autres, cela me semble correspondre à un refus de vivre.
Et comment vivre avec soi-même si on ne reconnaît l'autre que comme un mauvais reflet de nous-même? on devient hors de portée du pardon, on ne peut plus se supporter (il faut un Autre pour nous pardonner, quelqu'un d'assez différent, qui peut avoir des réactions autres que les nôtres, sinon on pardonne aux autres simplement par nécessité de recevoir le pardon à son tour, cela devient du calcul, de la manipulation). C'est lui retirer toute réalité, et c'est d'une très grande prétention que d'estimer que l'Autre ne nous renvoie qu'à nos propres problèmes.
Je vous souhaite de continuer à vous chamailler dans la plus grande joie!
Marc
Commentaire de Claire : Mille et un chemins vers l'autre. Éd. le Souffle d'Or (posté le 15/11/2004 à 23h50).Le dessin qui illustre le billet d'humeur est repris sur une des 172 cartes du remarquable jeu : "Mille et un chemins vers l'autre - l'art d'être soi dans les relations", édité par le Souffle d'Or. L'auteur des illustrations est Elfi Cella. Au dos de chaque carte est imprimé un texte de Jacques Salomé.
J'utilise régulièrement ce jeu dans ma pratique du tarot psychologique, préférentiellement lorsque la question posée concerne très spécifiquement les relations. L'oeil et l'arbre y sont mis en scène de façon très riche et variée.
Commentaire de jean : La culture de l'Ego (posté le 29/11/2004 à 08h08).Car l'Ego se cultive!
Selon moi, le problème avec l'Ego est moins qu'il existe, il faut bien que jeunesse se passe, mais que notre société ainsi que certains "thérapeutes" en favorisent le renforcement.
Qu'est-ce que l'Ego?
Toujours selon moi, l'Ego et sa culture participent à une pétrification du moi (méthode coué) dans une image; une minéralisation à l'intérieur d'une identité surcodé (par un gourou, un "thérapeute", une idéologie).
L'affirmation de Soi, et non du Soi, en est la stratégie suicidaire (pour le sujet et pour la société).
Jean